Pendant une semaine, j'ai tué les mots. Pendant une semaine, j'ai mâché mes mots, à avoir les dents qui saignent, je les ai ravalés à me brûler la gorge et perdre la voix. Je n'ai pas pleuré ou peu, à avoir les paupières qui brûlent et qui tressautent. C'est fou comme je peux devenir violente envers moi-même quand je décide de contenir quelque chose qui fait mal. Jusqu'à ce moment où je m'écroule avec plus une seule étincelle d'énergie, asphyxiée. Je tombe. Je tombe de tout mon long, de toute ma hauteur, de tout mon poids. L'ultime effondrement, face contre terre, la tête enfouie sous les couvertures, les battements de coeur fébriles, la transpiration aigre, l'étau qui compresse le crâne, les bruits sourds dans les oreilles.

De fil en aiguille, il fallait en découdre, découdre les gènes de l'imposteur. La première pris le sang, la seconde pris le sein, la troisième pris l'ovaire, la quatrième l'utérus. Sur toute la lignée, 4 vies, 4 femmes atteintes dans leur féminité, en plein coeur d'un secret qui avait été enfouit pour resurgir dans toute son horreur. Serions-nous des gardiennes, des portes corrompues que nous devons repurifier pour les vies qui nous feront suite. Etait-ce là notre mission principale sur cette vie, cette terre? Y arriverons-nous? La magie doit passer, se transmettre, doit-elle toujours avoir un prix si cher payé? Non. Je suis sûre que non. Et je vais me battre pour.

La terre m'a toujours donné la plus grande énergie de resurrection, je deviens phénix, je renais fort, encore plus forte qu'avant, toujours plus forte. Et dans ces moments, rien, absolument plus rien ne peut me bloquer. Je vais renaître. Puissament forte.