LezOptiMystik

mercredi 5 avril 2017

Le fragile soleil de printemps

Aller chercher en sifflotant ses langoustines à pieds SANS blouson... J'avais le sourire, la bonne humeur, tralali tralala.
Je vais à la caisse et je me retrouve derrière un homme, une femme (peut-être un couple) et la fille de la dame (l'histoire ne dit pas si c'est également la fille de l'homme). Ils ne pipent pas mots, ils ont l'air plombés. Alors je me dis, ils doivent avoir eu une terrible nouvelle et ils sont super tristes et moins de deux j'étais triste avec eux. Et puis non, lui il a l'air méchant, oui je suis sûre il est méchant, d'ailleurs la moitié des courses ce sont des bières. Et puis tout d'un coup la dame pète un câble monumental et insulte de tous les noms la dame qui était encore avant avec une violence à renfort de zy-va tête-de-bois tout-ça, pendant que le monsieur rangeait le plus discrètement possible les courses dans le caddie. Et la dame qui sort 2 minutes après "j'ai la carte fidélité et je vais payer par carte s'il vous plaît" à la caissière médusée.
Quant à la petite fille, elle était toute effacée et mon sourire avec.

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jeudi 19 janvier 2017

mon coeur

Mon coeur a fracturé sa cage. Mon coeur se met à battre si fort la nuit que ça me réveile. Je l'écoute dans le noir, j'écoute ma vie qui bat. Ma tête est dans les brumes des antidouleurs, partie en vacances, déconnectée. Elle repose sur mon tronc mais ne sert à rien. Elle ne suit pas les conversations, décroche. Mon coeur bat, mon coeur est central, mon coeur rythme les inspirations et les aspirations et les expires. Mon coeur fait du ménage, mon coeur a agrandi sa chambre, mon coeur fait de la place et a pété des cloisons, devant derrière sur les côtés. Mon coeur s'installe.

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jeudi 8 décembre 2016

Prismes

Ce matin, j'entends frapper à ma porte. Ca insiste 3 fois, fort, alors je lance un "oui oui j'arrive" agacé, le temps de trouver mes clés. J'ouvre, je me retrouve devant un grand père avec une casquette kakie, des grosses lunettes, une saccoche noire dans une main et la laisse de son chien dans l'autre qui m'affirme sans crier gare "vous avez un problème". Le chien essaye de me sentir, le vieux me scrute de ses petits yeux. Du stade méfiant, je passe au stade attaque en une fraction de seconde, tout mon corps se tend, s'arqueboute en avant, je réplique sèchement que je n'ai aucun problème, je me prépare à lui claquer la porte au nez de toute ma peur qui est en train de se transformer au fur et à mesure que mes battements cardiaques augmentent furieusement pour contenir le tremblement. Sourire par en dessous sa moustache:

"- si! Vous avez un problème.

- non je n'ai pas de problème!

- ah si si! Venez voir votre voiture."

Le coup de grâce, j'imagine déjà ma voiture toute cassée et je me remet à trembler de plus belle. Fébrile, je suis le vieux et son chien, j'ai envie de pleurer, je sens que je peux m'écrouler sur le trottoir, sur la route avec ce vieux et son foutu chien. J'arrive à hauteur et je ne vois... rien. Je remarque alors mon bonnet enroulé contre mon rétro gauche. Il me dit de regarder dedans, je découvre mon portefeuille.

"- je l'ai ramassé hier, comme vous n'êtes pas ressortie, je voulais vous prévenir.

- merci..."

Un ange passe. Dans mon porte feuille, il ne manque pas un papier, pas une carte, pas un billet, il ne manque rien. Je n'ai rien perdu. Tout est là, à l'abri de mon rétro gauche. Expirer. Longuement. Tout va bien.

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samedi 7 mai 2016

Les passeurs

Il vient toujours quand les bandes annonces ont commencé. Il a son style de films, je sais à l'avance lequel il a choisi. Il met du temps à descendre les marches avec sa canne, mais ce n'est pas douloureux, il prend le temps, son temps. Il est courtois mais a gardé son sourire dans ses yeux, même si on devine qu'il n'a pas toujours ri, qu'il a fait montre de figure d'autorité et d'un certain prestige.
Il m'a donné envie d'aller voir un film. Je ne l'imaginais pas si fleur bleu. On est resté parler. Pendant 10 ans, on s'est croisé, on vivait en parallèle, de Bordeaux à Brest. Comme une rencontre reportée. Les mêmes lieux, les mêmes services de médecine et neurologie. Les mêmes personnages autour. On a parlé de recherches en neurosciences en lesquelles il émet un gros doute "parce que ça serait trop beau". Je lui ai dit que si personne n'ose essayer, croire, voir autrement, personne ne trouvera jamais rien. J'ai bien senti qu'on ne lui parle pas de cette manière. Après je lui ai expliqué mon parcours jusqu'à mon travail de géobiologue sur les animaux d'élevages et les soins de magnétisme qui font disparaitre à distance les zonas et touti quanti sur les personnes. C'était pousser le bouchon, c'était un gros défi personnel, c'était un Gros coming-out, plus fort que celui de l'homosexualité. Parce que j'affichais ce que je suis devenue de la neurobiologiste cartésienne d'autrefois quand on vivait en parallèle, à la radiesthésiste d'aujourd'hui. C'était m'affirmer dans un monde irrationnel après un apprentissage complètement rationnel. C'était casser les codes, c'était... C'était grandir. Je pensais le déstabiliser, j'ai cru qu'il allait me rejeter, mais c'est lui qui a marqué le point en me disant "il y a des différences de sensibilités inexplicables, si vous avez des dons, il faut les exploiter. Si j'avais été encore en activité, j'aurai fait appel à vous."

Il était presque l'heure de fermer. Le monsieur descend avec son fiston. Un grand gaillard avec un bandeau blanc en travers sur son crâne rasé, des chaînes autour du cou, des lunettes ray-ban et des bagues et mille éclats brillants encore. J'ai cru qu'il avait creuvé l'écran et était sorti par la toile, d'un film. J'ai cru que j'étais en VO et que je parlais couramment américain. Et en même temps j'ai pensé à Florence Foresti "Wesh gros, do you know la matmut?".
C'est rare, sinon jamais, que je me fasse cette remarque, mais il sentait bon. Et il avait beaucoup de charme, celui d'un faux mauvais truant. La force de son sourire. Ne jamais oublier la force d'un sourire donné du fond des yeux. Il est revenu ce soir, et ça fait 3 fois qu'il vient me voir.
La troisième fois, pour me remercier de mon accueil et d'avoir veillé sur ses enfants, il m'a fait 3 tours de magie avec des cartes. Tous exceptionnels, absolumment magiques. Dans le dernier, il m'a pris les mains et yeux dans les yeux il m'a fait son plus beau tour et j'ai souri en grand avec cette joie unique dans le coeur, j'ai même eu envie de pleurer. J'ai voulu le remercier d'avoir pris le temps de réparer ma magie qui battait de l'aile ces derniers temps mais pouf! il avait déjà disparu.


Il y a cette dame qui nous offre des chocolats, cette grand mère avec son petit fils qui a découvert la 3D et est devenue complèment fan du procédé "révolutionnaire". Il y'a tous ces gens avec lesquels j'interagis, juste une fois ou régulièrement. Et c'est étonnant, après 15 jours de gens plutôt stressés voire désagréables, ces derniers jours, ils ont tous eu des mots et des gestes gentils. Comme pour effacer les cernes noires, comme pour dire, allez viens, t'inquiètes pas, ça sert à rien, après la pluie, le beau temps. Autant garder le soleil. Autant garder le sourire. Autant se préparer à rebondir très haut et très beau. Et vraiment... Merci.

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mercredi 4 mai 2016

De fil en aiguille

Pendant une semaine, j'ai tué les mots. Pendant une semaine, j'ai mâché mes mots, à avoir les dents qui saignent, je les ai ravalés à me brûler la gorge et perdre la voix. Je n'ai pas pleuré ou peu, à avoir les paupières qui brûlent et qui tressautent. C'est fou comme je peux devenir violente envers moi-même quand je décide de contenir quelque chose qui fait mal. Jusqu'à ce moment où je m'écroule avec plus une seule étincelle d'énergie, asphyxiée. Je tombe. Je tombe de tout mon long, de toute ma hauteur, de tout mon poids. L'ultime effondrement, face contre terre, la tête enfouie sous les couvertures, les battements de coeur fébriles, la transpiration aigre, l'étau qui compresse le crâne, les bruits sourds dans les oreilles.

De fil en aiguille, il fallait en découdre, découdre les gènes de l'imposteur. La première pris le sang, la seconde pris le sein, la troisième pris l'ovaire, la quatrième l'utérus. Sur toute la lignée, 4 vies, 4 femmes atteintes dans leur féminité, en plein coeur d'un secret qui avait été enfouit pour resurgir dans toute son horreur. Serions-nous des gardiennes, des portes corrompues que nous devons repurifier pour les vies qui nous feront suite. Etait-ce là notre mission principale sur cette vie, cette terre? Y arriverons-nous? La magie doit passer, se transmettre, doit-elle toujours avoir un prix si cher payé? Non. Je suis sûre que non. Et je vais me battre pour.

La terre m'a toujours donné la plus grande énergie de resurrection, je deviens phénix, je renais fort, encore plus forte qu'avant, toujours plus forte. Et dans ces moments, rien, absolument plus rien ne peut me bloquer. Je vais renaître. Puissament forte.

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vendredi 22 avril 2016

Nom de Zeus

J'ai toujours eu un don pour pressentir les orages, les gros orages. Ceux qui arrivent avec des gros cumulus, immenses, gigantesques. Je les pressens avant de les voir, bien avant, tellement avant que quelques fois je crois me tromper parce que le ciel est infiniment bleu. Souvent j'ai un mal de crâne, un étau, une barre électrique entre les deux hémisphères cérébraux, une tension soutenue, unique à ce phénomène, comme si ma boîte cranienne devenait trop petite. Ca fait des étoiles dans les yeux.

Et puis les nuages finissent par arriver avec le vent, le soleil trop brillant disparait. Les premières gouttes de pluie tombent, rondes, grosses, chargées, une par une. Il y a toujours ce moment immobile, en suspens, comme une attente dans l'air qui semble d'un coup trop poussiéreux, avant que le premier grondement roule au dessus de l'océan, enfle, prenne sa force, il est toujours très long ce premier grondement, et j'attend de tout mon corps, de tout mon ventre, de tout mon coeur que ça craque. Parce que c'est devenu vital que ça craque. J'attend immobile sans respirer, le coeur arrêté.

Alors, les nuages commencent à clignoter de toutes part, et c'est un peu la panique, parce que je ne sais pas où va venir l'éclair, je ne peux pas le rater, il ne faut pas le rater. Mais soudain, il déchire le ciel, brillant, violent, blanc, dans un bruit assourdissant qui fait trembler la terre, qui rebondit dans toutes les directions. La vibration de l'orage m'entrechoque toute entière, me soulève, éclate le mal de tête qui disparait aussitôt. Et sous la pluie torrentielle électrisée, c'est tout mon corps, toute mon âme qui se recharge comme la magie la plus puissante de ce monde.

Je voudrais un orage, là maintenant. Un gros comme dans les montagnes ou dans le sud. Un qui remet les choses en place, qui fait se sentir toute petite mais si vivante, qui rappelle la force des énergies autour et à l'intérieur. J'ai toujours été fascinée par l'orage, depuis que je suis née. Je rêverai de faire l'amour pendant un orage. Une fois j'ai vu un orage sur Athènes, de l'avion, c'était le spectacle le plus magique que la nature ne m'ait jamais offert, on voyait des boules de lumière descendre du ciel le long des éclairs. Je rêverai de revoir ce spectacle, de revoir Zeus en action de ses nuages.

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mercredi 16 mars 2016

La chamane

Soudain. Le coeur qui bat fort. De plus en plus fort. Le sang qui bouillonne dans les oreilles. L'artère, le tempo dans le temporal. Bordel, mon coeur va exploser et toutes mes pensées vont valser et s'éclater de toutes leurs forces sur ce plafond. Je ne suis plus qu'un coeur énorme qui bat du sang jusque dans la terre, au loin ou d'un autre point de vue, je suis un tambour, le cuir, ma peau tendue qui résonne les basses de l'intérieur. Elle est là, j'en suis sûre. Elle voit. J'ai peur de ce qu'elle voit. Je dois laisser entrer, même si elle est déjà à l'intérieur. Je dois dire oui, je dois l'accompagner, je ne dois pas essayer de maîtriser. Je ne dois pas culpabiliser, je ne dois pas cacher. Je dois être, point.

J'ai soudain envie de chanter des trucs incompréhensibles, faut que ça sorte. Je vois des plumes et un ours gigantesque qui m'a déchiré le ventre en plaies profondes noires, je constate que c'est sûr, il n'y a plus rien à faire, j'en suis morte. C'est de ma faute, je lui ai fait peur ou mal, je ne sais pas. Tout d'un coup dans le bas du dos je sens des aiguilles qui recousent, c'est douloureux, la piqûre brûle, et en même temps, c'est une chaleur agréable et une énergie énorme. Plus tard ça fera pareil au sommet de mon crâne. Même sensation. J'ai deux oeufs, un sous chaque côte flottante. Ils grossissent, ils enflent, et j'ai mille points dans la jambe gauche.

Je tombe en léthargie. Je vois. Mes mensonges à moi-même. Je n'ai pas pris soin de moi. Et les dommages collatéraux sont encore plus culpabilisants. Je suis un putain de conflit intérieur.
Alors j'invoque les opposés à une table. J'observe. Les deux parties de moi-même. L'ange et le démon, le feu et l'eau, et je leur demande à chacune leurs aspirations. A ma grande surprise chacune a énormément de choses à dire. Chacune est belle même avec leurs défauts. A ma grande surprise, les deux se mettent à causer comme des amies depuis toujours, à ma grande surprise, elles se complètent. A ma grande surprise, elles décident de coopérer et c'est un bonheur immense.

Je me réveille au milieu de rien au bout de 4 jours. J'entends mon coeur battre doucement. Il reste encore une session. Et je me demande. Il va se passer quoi au juste??

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jeudi 18 février 2016

Ça tourne

Il y a de la pluie et puis de la grêle et au milieu du soleil. Il y a du vent, parfois beaucoup de vent, puis un calme plat qui rend la mer lisse, comme en suspens, comme on ralentit sa respiration pour entendre le coeur qui bat dans les oreilles, pour entendre ce qui se passe là, là bas, et au delà. Il y a du froid. Il y a comme un froid qui arrive par un matin et revient en force le soir et qui transit avant que mon ombre ait le temps de se raidir. Tout va vite parce que tout à l'heure j'avais trop chaud et même, tu sais quoi? Les ronds points glissent. Les yeux ronds et les points d'interrogation sur le rétroviseur et le pare brise. Mais on ne peut rien faire pendant une glissade sinon mettre toute son énergie dans rien percuter. Je n'ai rien percuté, tu sais, sinon de l'air, comme un courant qui remet dans le droit chemin. Rien cassé, rien. J'ai eu juste les genoux qui ont tremblé pendant un bon moment.

C'est idiot. Dans les circuits secrets du cinéma, il y a, tout au fond de la deuxième salle, la chaufferie. Il faut que je me faufile dans un étroit couloir en béton pour monter à une échelle en fer comme une passerelle d'un grand navire. Le couloir doit être enfoncé profond dans le sol et atteindre le niveau de la mer parce qu'il y a toujours de l'eau, 10, 20 cm d'eau au pied de l'échelle qu'il faut atteindre en escaladant le mur. Il y a l'océan. Alors plus tard, je suis allée dehors entre deux séances pour aller voir la mer et j'ai pensé très fort envoyer cette image. Avec les sons de la mer et les odeurs de gaufres et d’iode mêlées. Il n'y avait personne, sinon une dame qui paraissait triste. J'ai essayé de lui donner un petit sourire dans mon regard, mais elle m'a renvoyé un regard glacial. Je me suis sentie minuscule et un peu en colère contre cette dame en me disant "si j'avais su" mais c'est resté en suspens parce que "si j'avais su", j'aurai refais sans doute la même chose.

J'aurai refais la même chose des fois que le petit sourire au fond de l’œil fasse son chemin, craquelle un peu la glace et laisse rentrer un peu de chaud ou juste une particule de lumière. Et puis tant pis si ça fait rien. Et puis tant pis si c'est compris de travers. Parce que même les murs et les sols en béton n'arrêtent pas l'océan.

 

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mardi 8 décembre 2015

Quand la bise fut venue

Dernier jour de sport rémunéré de la semaine, je finis super tôt pour une fois. En partant, j'ai croisé la fille dans un agitement de mains et de sourires pour se dire coucou. Je l'ai bien aimée tout de suite. Les deux bises pour se dire bonjour, c'est mon petit supplément de bonheur de ce taf, avec les autres échanges et rencontres. Je préfère la deuxième bise, côté gauche contre côté gauche. Ma joue vient trouver un instant de bonheur contre cette joue. Dès la première rencontre, elle y est restée un peu. Un peu plus longtemps.

"Bah la joue qu'est-ce que tu fous?
- Je ne sais pas, c'est agréable, alors je reste.
- M'enfin la joue! L'autre joue va se demander! Et puis elle va se raidir et partir et...
- Bah non, regarde, elle reste aussi.
- Mais la joue!! Depuis quand tu dragues les autres joues sans rien me prévenir?
- Cherches pas, tu ne peux pas comprendre, c'est une rencontre de joues. Après tout, pourquoi les joues n'auraient pas droit aux belles rencontres autant que les yeux ou les oreilles?
- C'est vrai...
- Et puis demande aux yeux.
- Demander quoi?
- Bah ce qu'ils voient après la bise!
- Ils disent que ça pétille de concert.
- Bon! On fait quoi?
- On fait quoi? Mais quoi quoi?? Rien de rien!!
- Bah si! On fait quelque chose parce qu'elle part bientôt. Il ne reste plus que 2 semaines et ensuite, pfuit! disparue dans la capitale. Et ça va faire un vide, c'est sûr! Alors il faut qu'on garde contact.
- Mais! Comment ça? Comment je vais faire?
- M'enfin!! Tu vas pas lui demander son adresse postale pour lui poster une missive via la diligence! Tu lui demandes son numéro de téléphone ou son facebook!
- Mais comment on demande un facebook? "Tu veux être amie avec moi sur facebook?" Rho la plaie!
- Franchement... On s'en fout. Que veux-tu qu'elle réponde! C'est juste que quelque chose me dit que c'est une chouette personne, qu'avoir fait exactement le même master au même endroit, c'est trop étrange comme connexion inattendue dans cet entrepôt. Y'a comme un truc magique. Enfin ça se pourrait. Ou pas! Ca serait dommage de ne plus la voir. Et puis elle a un attrapeur de rêves à son rétro.
- J'aime bien l'attrapeur de rêves. Bon... 2 semaines."

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jeudi 3 décembre 2015

Botte anticrevure

C'était comme une malédiction, comme si un vieux sorcier machiavélique s'était posé sur mon berceau et m'avait marqué avec le feu de l'esprit "jamais tu ne supporteras l'autorité, toujours tu t'y confronteras".

Mais en vrai, ça commencé avant, dans le ventre de ma mère j'étais déjà en manif, en révolte contre l'autorité des chefs, j'ai même des images, je suis sûre que c'était vraiment comme ça, une vraie manif des années 70 avec les hauts parleurs et des barricades pour enfermer la direction. Année de la sècheresse. J'ai rarement soif.

Dès la petite école, une cuisinière qui nous forçait à manger des petits poids dégueulasses en hurlant. J'ai pris le plat, je l'ai mis sous la table et j'ai shooté dedans de toutes mes forces. Me suis fait gronder très fort mais quand elle a eu fini, j'ai hurlé encore plus fort qu'elle. Du coup j'ai été au coin. C'était parfait, c'était dans la bibliothèque et j'aimais bien cet endroit avec tous les livres de toutes les formes et toutes les couleurs. Mon refuge. Une autre fois, j'aimais pas l'infirmière qui faisait les vaccins, elle était autoritaire. C'était encore dans cette bibliothèque. Alors on s'est caché dans un rayon derrière des livres avec ma super copine de l'époque. Au final, quand l'infirmière nous a trouvé, elle a ri et après je l'aimais bien.

Plus tard les profs, même refrain, viré de cours pour insolence, collée, mais une seule fois, parce qu'au final j'arrivais quand même à maitriser un peu le truc. Où ça a commencé franchement à déconner c'est quand j'ai commencé à bosser. Les boss. Comme dans les jeux vidéos, plus ça a été, plus ils ont gagné en force et en tactiques. Autant que moi. Le dernier en date, c'est celui que j'ai en ce moment. C'est un job d'appoint. Je m'étais fait la promesse de rester tranquille, de ne pas faire de vagues.

Tu parles.

Ca ne fait que 6 mois que je travaille là. C'est encore parti en live. Je me suis dit. Mais p*tain c'est pas possible! C'est moi qui créé ça. A chaque fois c'est pareil. Faut que j'arrête de créer ce conflit, qui devient frontal. C'est à celui qui défoncera le plus fort le front de l'autre. Il faut que je trouve la solution, ça suffit. Et là une collègue me raconte son accident et la réaction de ce chef, motivé par aucun état d'âme, il a juste demandé où elle en était dans l'avancement de son travail. Sur le coup, j'étais encore plus en colère. Et puis, tout d'un coup, toute la colère s'est arrêtée, j'ai compris.

J'ai compris qu'il est con, sans que je sois là, il est naturellement con. Ce n'est pas moi qui créé sa connerie. Je n'ai pas à me remettre en question là dessus. Non! Où je me trompe, c'est que je prend personnellement le conflit, la remarque, l'autorité abusée. Alors qu'il est comme ça avec tout le monde. Et si je retourne dans le passé, tous les autres boss étaient pareils.
Alors... D'un coup, je n'étais pas seule devant lui. Alors, à ce qui aurait pu être notre dernière confrontation, il m'a attaquée et j'ai dit n'importe quoi, je suis partie dans un délire complètement loufoque qui a fait craquer de rire la sous directrice et il n'a pas eu le choix, il a ri. Je ne suis plus son jeu. J'allais partir avec le sourire, mais la sous directrice me rappelle: "tes cadeaux de noël".

Et ainsi je repartie souriante et avec des cadeaux. Et une nouvelle idéologie, l'autorité est une grosse farce. Et j'ai remercié ma collègue de l'énorme pas en avant qu'elle m'a aidé à franchir.

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